Skip to main content

Les Irlandais de Montréal et de Saint Columban

Version imprimableVersion imprimable

La plupart des Montréalais croient que tous les Irlandais ayant immigré à Montréal l’ont fait lors de la Grande Famine irlandaise de 1847. En fait, les ancêtres de nombreux Québécois d’origine irlandaise sont probablement arrivés des dizaines d’années avant ce terrible événement.

medium_Keyes Cemetary 3.jpgUn grand groupe d’Irlandais ont atteint nos côtes au début des années 1820. Il était composé principalement d’agriculteurs catholiques souhaitant tenter leur chance ailleurs, puisque le cours agricole en Irlande avait chuté dramatiquement après les guerres napoléoniennes. Ces hommes, ces femmes et ces enfants irlandais nouvellement arrivés étaient si nombreux qu’ils commencèrent à envahir tous les services religieux catholiques, particulièrement ceux de la Chapelle Notre Dame de Bonsecours.

L’abbé Richard Jackson, un Américain, était originalement chargé de répondre à leurs besoins religieux, mais les autorités catholiques de Montréal ont finalement décidé de rechercher un prêtre irlandais pouvant mieux comprendre la langue et les coutumes de ces immigrants. L’Église a donc fait appel à l’abbé Patrick Phelan (plus tard devenu évêque à Kingston, en Ontario). L’abbé Phelan, né en Irlande, avait immigré à Boston pour ensuite venir à Montréal y étudier la théologie au Grand Séminaire. En 1825, il fut le premier prêtre ordonné par Mgr Lartigue, alors évêque de Montréal.

Patrick Phelan est également devenu membre des Messieurs de Saint Sulpice (les Sulpiciens), lesquels étaient les Seigneurs d’un grand nombre de propriétés à Deux Montagnes, municipalité située au nord de Montréal. L’abbé Phelan a ressenti le besoin de fournir à ce groupe d’Irlandais un lieu bien à eux. Puisque la majorité de ces immigrants étaient des agriculteurs, l’abbé Phelan approcha son ordre religieux pour qu’il leur offre des terres au nord de Deux Montagnes, une région pratiquement non colonisée, afin d’y établir cette nouvelle communauté.
Elle s’est fait connaître sous le nom de Saint Columban (s’écrit maintenant Saint Colomban) et est située près de Saint Jérôme, à environ 65 km de Montréal. Bien que de nos jours le trajet en voiture entre la communauté et Montréal se fasse en moins.

Au départ, les colons faisaient partie de la paroisse de Sainte Scholastique (située à environ 15 km). Cependant, après avoir négocié et discuté avec les autorités ecclésiastiques, ces colons irlandais ont réussi à faire bâtir une église et à transformer Saint Columban en paroisse en 1835. L’église irlandaise catholique de Saint Columban a probablement été la première au Québec à être indépendante et à consigner ses activités (naissances, décès, mariages, etc.) en anglais. (L’église Saint Patrick à Québec a été fondée au cours de la même période, mais elle faisait partie de l’église Notre Dame. Quant à la Basilique Saint Patrick de Montréal, elle a été fondée de nombreuses années plus tard.)

Depuis sa fondation en 1835 et jusqu’au début des années 1900, Saint Columban est demeurée une communauté presque exclusivement irlandaise et catholique. À son apogée, elle comptait près de 250 familles dans la région. Toutefois, la majeure partie des terres n’étant pas faciles à cultiver, il n’y avait pas suffisamment de bonnes terres à partager parmi les membres des grandes familles irlandaises de la deuxième génération.

Dès 1880, Montréal comptait déjà environ 130 000 habitants et la deuxième génération vivant à Saint Columban trouvait que la ville offrait plus de possibilités d’emplois et de toute sorte que la petite communauté rurale. Peu à peu, les membres de cette génération se sont mis à s’établir à Montréal, ainsi qu’à d’autres endroits en Ontario et aux États Unis.

Malgré le fait que certains descendants des premiers colons irlandais soient demeurés à Saint Columban jusque dans les années 1960, en règle générale « l’irlandaisité » et l’histoire initiale de la colonie ont été oubliées.

medium_Keyes Cemetary 2.jpgEn 2005, quelques descendants de ces premiers colons irlandais établis à Montréal, intéressés par leurs origines, sont entrés en contact avec la communauté de Saint Columban et sont allés la visiter. Ils étaient désolés de voir que de nombreuses pierres tombales du cimetière de Saint Columban avaient été jetées sans ménagement dans les buissons, derrière l’église catholique de la municipalité. Bon nombre de ces pierres, vieilles de près de 200 ans, avaient purement été victimes des ravages du temps, de négligence générale ou d’un simple manque d’intérêt à propos de la part d’histoire qu’elles relataient.

medium_Keyes Cemetary 4.jpgCe groupe de descendants a immédiatement mis sur pied le Projet de restauration du cimetière de Saint Colomban.
Au cours des cinq dernières années, ce groupe a entrepris de nombreux efforts de financement afin de démarrer le projet. Leur objectif était d’amasser 5000 $ supplémentaires et d’achever les principaux travaux ce printemps, juste à temps pour le 175e anniversaire de la fondation de Saint Columban.

Le site Web des bénévoles, www.stcolumban-irish.com, fournit beaucoup de renseignements tant au sujet des premiers colons de la région que des initiatives entreprises pour réparer le cimetière.